Pêche et profession de la mer

Tourisme, Paysage et Loisir

Faune et Flore

Le Tréport n’était à l’origine qu’un petit village de pêcheurs qui oeuvraient soit à pied, soit en barque. La pêche était, avec l’agriculture, la principale, pour ne pas dire l’unique, source de revenus des Tréportais. La pêche est l’une des activités qui a permis l’essor de la ville. La population a augmenté au fil du temps et l’habitat s’est développé autour du petit port de pêche. Ce port a lui aussi grandi et a fait l’objet d’investissements importants de la part du Conseil Général en 1991. Il abrite désormais 70 embarcations dédiées à la pêche côtière. Les pêcheurs du Tréport doivent, comme leurs homologues de tout le pays, faire face à de nombreuses restrictions relatives aux quotas de pêche.

Au Tréport, ils ont également vu leur zone de pêche se réduire sensiblement lors de la construction de la centrale nucléaire de Penly. Pour des raisons de sécurité, il leur a été formellement interdit de sillonner les abords de la centrale. Actuellement la zone Natura 2000 est à l’étude et dans ce cadre il est également possible que la limite de pêche soit repoussée vers le large. Le projet éolien «des deux côtes» prévoit l’implantation de 141 aérogénérateurs espacés de 630 m les uns des autres. La Compagnie du Vent envisage son implantation au coeur de la zone de prédilection des pêcheurs puisqu’on y trouve la sole, le turbot, ou encore la limande. Le pétitionnaire assure que cette zone sera favorable à la reproduction des poissons, mais aucun élément scientifique n’est venu étayer cette thèse.

Des observations menées à l’étranger tendent au contraire à penser que le poisson connaît des difficultés de croissance dans les zones d’implantation d’éoliennes. Il est également prévu que les pêcheurs pourraient traverser la zone, ce que les professionnels de la pêche n’envisagent que difficilement. «Par Force 8 on ne verrait même pas les éoliennes et en cas de panne, avec le courant, il ne faudrait que quelques minutes pour dériver et les heurter de plein fouet. Implanter des éoliennes dans ces zones serait aussi dangereux que de les installer au milieu de l’autoroute», commente Jean-Marie Byhet, jeune retraité de la pêche locale. La concrétisation d’un tel projet aboutirait sans conteste à la mort de la flotte de pêche et au chômage de toute une population. La Compagnie du Vent fait miroiter de nombreux emplois, mais les pêcheurs ne sont pas dupes et savent très bien que tous ne sauraient être replacés. De plus, les pêcheurs sont des hommes passionnés qui ont choisi de partir à la mer, non pour entretenir des éoliennes, mais pour perpétuer une activité ancestrale.